Actualités

Infos Plus

L’altération du feldspath alcalin orthose, entrant dans la composition d’un granite, par exemple, est à l’origine de la formation du kaolin selon l’équation chimique suivante :

SiAlO8K        +  11H2O      Si2O5Al2(OH)4  +  4Si(OH)4  +  2K+  +  2OH-

Feldspath orthose   +  eau             kaolinite*      +  éléments minéraux en solution

Cependant l’altération de l’orthose dans différents contextes géologiques et climatiques peut donner d’autres formes d’argile comme l’illite, la montmorillonite ou la gibbsite.

Une fois formée par altération des massifs rocheux, l’argile devient un matériau particulaire et friable. Les agents d'érosion et de transport (ruissellement, ruisseaux, torrents et rivières) prennent alors le relai. Ils déblayent et transportent facilement l’argile sous forme d'eau boueuse.

Constituée d'éléments très fins, plus légers que les grains de sable, l’argile ne se dépose qu'en eau calme et sa sédimentation n'a donc pas lieu n'importe où. Certains lacs ou berges de rivières permettent ce dépôt. A l'embouchure d'un fleuve, le contact des particules argileuses avec les eaux salées favorise leur précipitation sur le fond sous forme de flocs. Cette floculation envase bon nombre d'estuaires et d'installations portuaires. Le littoral marin, très agité par les courants et les marées est peu propice à la sédimentation argileuse. On ne trouve des vases côtières accumulées sur le plateau continental que dans quelques endroits calmes. La mer entraîne les argiles au large où elles s'accumulent lentement sur les fonds marins, soit seules, soit mélangées à d'autres sédiments. Certaines particules argileuses parcourent ainsi plusieurs dizaines de milliers de kilomètres avant de se déposer sur le fond. Cette sédimentation s'opère très lentement, à une vitesse de l'ordre de 1 cm par millénaire. Il faut parfois 10 mètres de sédiments mous accumulés sur le fond de la mer pour constituer une épaisseur d'un mètre de roche telle que nous la retrouvons aujourd'hui dans un paysage car le sédiment d'origine est toujours très riche en eau et celle-ci disparaît en partie au cours du tassement.

Là où elles se déposent, les argiles ne sont pas toujours seules à sédimenter. Elles peuvent être mélangées à des sables ou des boues calcaires. Une marne est un mélange d'argile (50%) et de calcaire (50%). Une argile marneuse contient de 10 à 30 % de calcaire. Ces roches possèdent sensiblement les mêmes propriétés que les argiles : imperméabilité et plasticité, cependant moins marquées.

Le vent transporte, aussi, facilement les poussières argileuses. Pendant les périodes de grandes glaciations, au cours de l'ère Quaternaire, alors que l'Europe était dénudée, le vent a éparpillé l'argile des moraines glaciaires du grand Nord sur les régions alentour déposant une couche de limon sur quelques mètres d'épaisseur. Ces dépôts, appelés loess*, confèrent une grande fertilité aux sols des plaines et plateaux céréaliers de la moitié Nord de la France.

Kaolin / Kaolinite : Le terme de kaolin désigne la roche, l’argile, alors que celui de kaolinite désigne le minéral qui la constitue. Le nom de kaolin provient du mot chinois Kao-ling signifiant hautes collines, une carrière située dans la province du Jiangxi où on exploitait une argile particulière servant à fabriquer la porcelaine. Un savoir-faire introduit en France au 18ème siècle par le père d’Entrecolles, jésuite en mission en Chine à cette époque.

L’exploitation des argiles

L’argile s’exploite en carrière à ciel ouvert, après avoir opérer la découverte, à savoir l’ablation des terrains stériles situés au-dessus du gisement productif.

On utilise habituellement des engins de type pelle mécanique, chargeuse ou excavateur. La roche est ensuite chargée dans des tombereaux ou des dumpers qui l’emportent vers les installations de traitement. Dans les entreprises artisanales de petite taille, la mécanisation est généralement moins développée, parfois même réalisée en partie manuellement.

Selon le  gisement*,  on distingue des carrières de fond de vallée, et des carrières de colline et de coteau. Les premières, de type alluvial, correspondent le plus souvent à des lentilles d’argile d’origine assez récente déposées par un cours d’eau. Dans les autres types de carrières on exploite des couches généralement beaucoup plus épaisses et formées dans des époques géologiques lointaines où la région concernée était alors sous la mer. Parfois ces couches ont été bousculées et redressées par des mouvements tectoniques.

Comme pour les autres roches, les carrières d’argile sont soumises au code minier, nécessitant une autorisation pour l’ouverture d’un nouveau site. Elles doivent être réhabilitées en fin d’exploitation. Ce réaménagement peut se faire de différente façon selon un plan préétabli, en concertation avec les pouvoirs publics, les associations locales et les riverains. Les principaux types de réaménagements sont :

- la remise en état agricole du site avec ré-épandage des terres arables stockées lors de la découverte,

- la végétalisation et l’aménagement paysager des surfaces,

- la mise en place d’un plan, en fonction du rapport à la nappe phréatique,

- une autre utilisation pour un espace industriel ou de loisir en fonction du contexte local.